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Un an après l’assassinat de Samuel Paty, le Département toujours engagé dans l’éducation aux médias

Publié le jeudi 14 octobre 2021 15:50 - Mis à jour le jeudi 14 octobre 2021 16:04
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Un an après l’assassinat du professeur, un temps d’hommage national est prévu dans les écoles. En Seine-Saint-Denis, de nombreuses actions de lutte contre la désinformation ont depuis été entreprises dans les collèges, à l’initiative du Département.

Le 16 octobre 2020, Samuel Paty, enseignant d’histoire-géographie au collège du Bois d’Aulne de Conflans Sainte-Honorine était lâchement assassiné par un islamiste pour n’avoir fait que son métier : enseigner à ses élèves la liberté d’expression et la laïcité. Un an après, un hommage national va lui être rendu dans de nombreux établissements de France, le vendredi 15 octobre. L’Éducation Nationale a ainsi laissé la possibilité à tous les enseignant·e·s qui le souhaiteraient de consacrer une heure de temps de parole et d’échange à cet acte barbare qui aura porté atteinte aux valeurs de la République. Une commémoration à laquelle le Département de Seine-Saint-Denis s’associe bien entendu : vendredi matin, son président Stéphane Troussel se rendra au collège Didier-Daurat du Bourget pour y assister aux hommages.

Engagé depuis 2015 et les attentats islamistes à Charlie Hebdo et à l’Hyper Cacher dans un travail d’éducation au dessin de presse - symbolisé notamment par son partenariat avec l’association Cartooning for Peace - le Département a choisi d’accentuer ces efforts à travers le lancement d’« Agora » après l’assassinat de Samuel Paty.

Ce dispositif d’éducation aux médias à destination des collèges se met ainsi progressivement en place, en concertation avec les journalistes, les enseignant·e·s ou les acteur·rice·s du territoire impliqué·e·s. Le but étant à terme de couvrir les 130 collèges du département.

Dans de nombreux établissements, des reportages, webzines, émissions de télé auront ainsi été réalisés avec l’aide de journalistes professionnels, avec pour but de rendre les élèves au maximum acteurs et actrices d’une pratique journalistique. Un autre axe fort de ces actions aura été la lutte contre les fake news et le bon usage des réseaux sociaux, qui avaient malheureusement servi à propager les mensonges et appels à la haine dans le cas de l’assassinat de Samuel Paty.

"Démonter certaines idées reçues"

Dans le cadre d’Agora, quatre résidences de journalistes auront notamment été menées dans différents établissements. Au collège Jean-Jacques Rousseau du Pré Saint-Gervais, c’est une émission de radio qui aura été construite par des 4e en compagnie de la journaliste de Radio Parleur Violette Voldoire. « Avec cette initiative, les élèves ont incontestablement compris qu’il était important de croiser ses sources, de ne jamais se fier qu’à un seul article. Mais surtout, ils ont gagné en aisance à l’oral et aussi en confiance », se félicitait Angélique Leduc, professeure documentaliste. Au collège Pierre-André Houël de Romainville, la présence de deux journalistes de Public Sénat combinée aux inspirations des élèves aura débouché sur 5 interviews vidéos de personnalités locales caractérisées par leur engagement.
Parfois, les interventions adoptent d’autres formes : à Sevran, l’association « Fake off » aura mené un travail remarquable de prévention contre les fake news, en décortiquant quelques « cas d’école » ayant malheureusement eu des répercussions très réelles comme des actes racistes ou des harcèlements. « Ces interventions, c’est à la fois une bonne manière pour les élèves de découvrir le métier de journaliste et de démonter certaines idées reçues. Car il y a chez beaucoup une défiance des médias, auxquels ils reprochent de dénigrer les banlieues. Et puis, ça leur permet aussi de voir les pièges dans lesquels il ne faut pas tomber. », témoignait à l’issue d’une de ces séances Soukayna El Alaoui, enseignante au collège Evariste-Galois de Sevran.

Cette année encore, de multiples initiatives auront lieu dans l’ensemble des collèges du département, avec à chaque fois l’intervention d’un professionnel des médias. Le nombre de résidences de journalistes au long cours va par ailleurs doubler, passant de 4 à 8, avec cette fois pour thème générique ce joli mot : « Demain ».

Photo : ©Ville de Conflans Sainte-Honorine